Le moustique tigre (Aedes albopictus) est le principal vecteur de la dengue, du chikungunya et du zika en France métropolitaine. Implanté dans plus de 70 départements en 2025, il fait l’objet d’un dispositif de lutte antivectorielle (LAV) coordonné par les agences régionales de santé (ARS). Les opérations de démoustication mobilisent des produits biocides classés TP18 (insecticides) dont l’utilisation professionnelle exige le certibiocide catégorie nuisibles, accessible via la formation Certibiocide nuisibles.
Ce qu’il faut retenir :
- La formation Certibiocide nuisibles est obligatoire pour tout professionnel qui achète ou utilise des larvicides et adulticides contre le moustique tigre (produits biocides TP18)
- La lutte antivectorielle repose sur deux axes : les larvicides (Bti, diflubenzuron) en traitement préventif des gîtes larvaires et les adulticides (deltaméthrine) en cas d’épisode épidémique
- Les ARS coordonnent la surveillance et déclenchent les opérations de démoustication ; les collectivités territoriales sont responsables de l’élimination des gîtes larvaires sur le domaine public
Identifier le moustique tigre (Aedes albopictus)

Le moustique tigre est un moustique diurne de petite taille (environ 5 mm). Son corps noir strié de bandes blanches sur les pattes et l’abdomen le distingue des espèces autochtones comme Culex pipiens (le moustique commun, actif la nuit, de couleur brun uniforme). Une ligne blanche unique parcourt le thorax d’Aedes albopictus depuis la tête.
Son comportement est caractéristique : il pique en journée (pics d’activité à l’aube et au crépuscule), vole peu (rayon d’action de 150 à 200 mètres autour de son gîte larvaire) et pond ses oeufs dans de très petites quantités d’eau stagnante. Un bouchon de bouteille renversé suffit à constituer un gîte. Cette capacité à coloniser des micro-habitats urbains (coupelles de pots de fleurs, gouttières bouchées, pneus usagés) explique la rapidité de son expansion sur le territoire français.
Les maladies vectorielles transmises par le moustique tigre
Le moustique tigre est vecteur compétent de trois arboviroses surveillées en France métropolitaine. Il ne transmet pas ces maladies spontanément : il doit d’abord piquer une personne infectée (cas importé de retour de zone endémique) avant de devenir contaminant pour ses prochaines victimes.
La dengue provoque fièvre brutale, douleurs articulaires et musculaires intenses, éruption cutanée. Les formes sévères (dengue hémorragique) peuvent être mortelles. En 2024, la France a enregistré plusieurs foyers de transmission autochtone dans le sud du pays.
Le chikungunya se manifeste par une fièvre élevée et des douleurs articulaires invalidantes pouvant persister des mois. Le zika est généralement bénin chez l’adulte mais représente un risque grave pour les femmes enceintes (microcéphalie foetale). Ces trois pathologies font l’objet d’une surveillance renforcée par les ARS du 1er mai au 30 novembre de chaque année.
Organisation de la lutte antivectorielle en France
Le rôle des ARS et des opérateurs publics
Depuis la loi du 16 décembre 2019 relative à l’organisation de la veille et de la sécurité sanitaire, la lutte antivectorielle relève de la compétence de l’État via les ARS. Concrètement, les ARS assurent trois missions : la surveillance entomologique (piégeage et identification des populations de moustiques), la surveillance épidémiologique (détection des cas de dengue, chikungunya et zika) et le déclenchement des interventions de démoustication quand un cas autochtone est confirmé.
Les opérations de terrain sont confiées à des opérateurs publics de démoustication (OPD) historiques comme l’EID Méditerranée ou l’EID Atlantique. Ces établissements interdépartementaux emploient des entomologistes et des agents de terrain formés aux techniques de lutte contre Aedes albopictus. L’ensemble du personnel manipulant des biocides TP18 doit détenir le certibiocide nuisibles.
Les obligations des collectivités territoriales
Les communes et intercommunalités portent une responsabilité directe dans la prévention. Le maire dispose d’un pouvoir de police sanitaire (article L. 1311-2 du Code de la santé publique) qui lui permet d’imposer des mesures de salubrité sur le domaine public et privé.
En pratique, les collectivités doivent :
- Supprimer les gîtes larvaires sur le domaine public (entretenir les réseaux pluviaux, vider les réservoirs d’eau stagnante, traiter les avaloirs)
- Sensibiliser les habitants à la suppression des gîtes dans les jardins privés
- Faciliter l’accès des opérateurs de démoustication aux espaces publics lors des interventions déclenchées par l’ARS
Certaines collectivités mandatent des prestataires privés de lutte antiparasitaire (entreprises 3D) pour réaliser des traitements larvicides préventifs sur le domaine public. Ces prestataires sont soumis aux mêmes obligations réglementaires : certibiocide nuisibles pour la manipulation des produits, déclaration d’activité biocide auprès du ministère et utilisation exclusive de produits disposant d’une AMM ou d’un enregistrement au titre du règlement européen 528/2012.
Larvicides et adulticides : deux approches complémentaires
Les larvicides : traitement préventif des gîtes
Le traitement larvicide cible les stades aquatiques du moustique (oeufs, larves et nymphes) avant leur émergence en adultes. C’est la méthode de choix en lutte antivectorielle car elle agit à la source sans disperser de produit dans l’air.
Le Bti (Bacillus thuringiensis israelensis) est le larvicide le plus utilisé. Cette bactérie produit des cristaux protéiques toxiques pour les larves de moustiques mais inoffensifs pour les mammifères, les poissons et la plupart des insectes non cibles. Le Bti est appliqué sous forme de granulés, pastilles ou suspensions dans les collections d’eau identifiées comme gîtes larvaires.
Le diflubenzuron est un régulateur de croissance (IGR) qui empêche la formation de la cuticule chitineuse lors de la mue larvaire. Son action est plus lente que celle du Bti mais sa rémanence est supérieure (2 à 4 semaines selon les conditions). Ces deux produits sont classés TP18 et nécessitent le certibiocide pour un usage professionnel. Pour comprendre le cadre réglementaire européen de ces produits, consultez notre article sur le règlement 528/2012 sur les biocides.
Les adulticides : traitement curatif en période épidémique
L’épandage d’adulticides (insecticides visant les moustiques adultes) est une mesure exceptionnelle réservée aux situations épidémiques. En France, seule l’ARS peut ordonner une opération d’adulticide, sur la base d’un cas confirmé de transmission autochtone de dengue, chikungunya ou zika.
La deltaméthrine (famille des pyréthrinoïdes) est la substance active principalement utilisée. Elle est pulvérisée par nébulisation à ultra-bas volume (UBV) depuis un véhicule ou un appareil portatif, généralement en fin de nuit pour maximiser l’efficacité et limiter l’exposition des populations. L’intervention couvre un périmètre de 150 à 200 mètres autour du lieu de résidence du cas confirmé.
La réglementation encadre strictement cette pratique. La pulvérisation d’adulticide ne peut avoir lieu qu’après une évaluation bénéfice-risque documentée par l’ARS. Les apiculteurs et les riverains sont informés au préalable. L’opération est réalisée par des agents certifiés des OPD ou par des prestataires 3D titulaires du certibiocide nuisibles.
| Méthode | Cible | Produits courants | Contexte d’utilisation | Certibiocide requis |
|---|---|---|---|---|
| Larvicide | Larves et nymphes aquatiques | Bti, diflubenzuron | Prévention continue, gîtes identifiés | Oui (TP18) |
| Adulticide | Moustiques adultes | Deltaméthrine (UBV) | Épisode épidémique, décision ARS | Oui (TP18) |
| Élimination des gîtes | Stades aquatiques | Aucun (action mécanique) | Prévention permanente | Non |
Le certibiocide TP18 : obligation pour les professionnels de la démoustication
Tout professionnel qui achète, distribue ou utilise des larvicides ou adulticides contre le moustique tigre doit détenir le certibiocide catégorie nuisibles. Cette obligation découle de l’arrêté du 9 octobre 2013 relatif aux conditions d’exercice de l’activité d’utilisateur professionnel de produits biocides. La formation dure 21 heures (3 jours), couvre la réglementation biocide, la toxicologie, les méthodes de lutte intégrée et la protection de l’environnement. Le certificat est valable 5 ans et renouvelable par une formation de 14 heures.
Les entreprises de désinsectisation qui interviennent également sur d’autres nuisibles (punaises de lit, frelons asiatiques, cafards) relèvent de la même catégorie TP18. La formation Certibiocide nuisibles couvre l’ensemble de ces familles de produits et constitue le socle réglementaire pour exercer légalement.
Points de vigilance pour les prestataires 3D
Un prestataire mandaté par une collectivité pour des opérations de démoustication doit disposer de plusieurs éléments : le certibiocide nuisibles en cours de validité pour chaque intervenant, une déclaration d’activité biocide à jour, une assurance responsabilité civile professionnelle et des fiches de données de sécurité (FDS) pour chaque produit utilisé. Le non-respect de ces obligations expose à des sanctions pénales pouvant atteindre 6 mois d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende. Pour connaître le cadre de la déclaration obligatoire, consultez notre guide sur la déclaration d’activité certibiocide.
L’essentiel pour agir
La lutte contre le moustique tigre repose sur la complémentarité entre prévention (suppression des gîtes larvaires, traitements larvicides) et réponse sanitaire (adulticides en cas d’épisode épidémique). Pour les professionnels de la lutte antiparasitaire et les prestataires 3D mandatés par les collectivités, le certibiocide nuisibles est la condition préalable à toute intervention légale. La colonisation progressive du territoire par Aedes albopictus garantit une demande croissante de professionnels formés dans les années à venir.
FAQ
Le moustique tigre est-il présent sur tout le territoire français ?
En 2025, Aedes albopictus est implanté durablement dans plus de 70 départements de France métropolitaine, principalement dans le sud et le couloir rhodanien mais également en Île-de-France, Bretagne et Normandie. L’espèce progresse chaque année vers le nord. Les départements d’outre-mer (Martinique, Guadeloupe, La Réunion, Guyane) font face à des problématiques de dengue endémique où Aedes aegypti est le vecteur principal.
Quelle est la différence entre un larvicide et un adulticide ?
Un larvicide cible les stades aquatiques du moustique (oeufs, larves, nymphes) dans les collections d’eau stagnante. Il agit en prévention avant l’émergence des adultes. Un adulticide vise les moustiques adultes volants par nébulisation aérienne. En France, l’adulticide est réservé aux situations épidémiques et son déclenchement relève exclusivement de l’ARS. Les deux types de produits sont classés TP18 et nécessitent le certibiocide nuisibles. Pour comprendre les différentes catégories de biocides, consultez notre article sur les 3 types de certibiocide.
Une collectivité peut-elle déclencher une opération de démoustication de sa propre initiative ?
Une collectivité peut réaliser des traitements larvicides préventifs sur le domaine public (entretien des avaloirs, traitement des eaux stagnantes) en faisant appel à un prestataire certifié. En revanche, les opérations d’adulticide ne peuvent être déclenchées que par l’ARS dans le cadre du dispositif de lutte antivectorielle, lorsqu’un cas autochtone de dengue, chikungunya ou zika est confirmé.
Quel certibiocide faut-il pour lutter contre le moustique tigre ?
Les insecticides utilisés contre le moustique tigre (larvicides et adulticides) sont des produits biocides de type TP18. Leur utilisation professionnelle exige le certibiocide catégorie « nuisibles » (3 jours de formation, 21 heures, certificat valable 5 ans). Cette même certification couvre la lutte contre les frelons asiatiques, les punaises de lit et les rongeurs.
La lutte biologique est-elle une alternative aux insecticides ?
Des recherches portent sur le lâcher de moustiques mâles stériles (technique de l’insecte stérile, TIS) et sur l’utilisation de la bactérie Wolbachia pour réduire la compétence vectorielle d’Aedes albopictus. Ces approches sont prometteuses mais restent au stade expérimental en France. À ce jour, la combinaison larvicides (Bti) et suppression mécanique des gîtes demeure la stratégie opérationnelle de référence.